Catégorie : INSPIRATIONS/DESIGN/VALEURS

Inspirations et réflexions sur ma mission d’architecte d’Intérieur

  • Qu’est-ce qu’un habitologue?

    Un habitologue est un professionnel qui accompagne son client dans la compréhension de son habitat, avec ses qualités et ses contraintes. Ainsi éclairé, le client peut s’engager dans une rénovation pertinente en prenant en compte les quatre principes, bases de l’habitologie:
    – Le confort des habitants
    – La salubrité de l’habitat
    – la pérennité de la rénovation
    – la sobriété des ressources mises en œuvre

    Les compétences de l’habitologue sont particulièrement exploitées lors de la rénovation du bâti ancien.

    Mais qu’est-ce que le bâti ancien? Ou ne devrait-on pas plutôt parler de bâtis anciens, au pluriel?
    Les bâtis anciens revêtent de multiples formes mais ont en commun d’avoir été construits avant la période d’ébriété énergétique que nous connaissons depuis la seconde guerre mondiale. La fin de la Seconde guerre mondiale marque en effet un point de rupture dans la construction du bâti : il fallait beaucoup (re)construire, vite, avec une main d’œuvre qui s’était raréfiée et dont le savoir-faire s’était érodé.

    Avant cette époque, le béton et l’acier, même s’ils existaient déjà, n’étaient pas utilisés de manière systématique et en grande quantité pour la construction. (Pour mémoire, la production de béton et d’acier est très consommatrice d’énergie)

    Un autre point commun à tous les bâtis anciens est qu’ils ont été construits avant les règlementations thermiques, l’absence de normes entraînant de grandes disparités dans le confort pour ses habitants.

    Production mondiale de barils/an

    Matières premières LOCALES, savoir-faire LOCAL, on construisait “LOCAL” un bâti adapté aux conditions LOCALES: pierres, bois, briques cuites ou crues, terre, paille. C’est pourquoi cela donnait des résultats totalement différents suivant les régions. Jugez par-vous-même.

    Pour faire face à la double contrainte de la décarbonation, il est urgent de repenser notre façon de construire et de rénover.

    Les principes et les concepts de l’habitologie s’appliquent aussi aux constructions récentes.

  • Réglementations thermiques

    Depuis 1974, le législateur a mis en place des cadres légaux permettant de normer les nombreux paramètres d’un bâtiment en termes de consommation énergétique.

    Le premier choc pétrolier (1973) sonne le début de la prise de conscience de la surconsommation énergétique dans le monde et le secteur du bâtiment en France n’y fait pas exception. C’est la RT74, première réglementation thermique qui met en place les premières normes pour les futures constructions.

    Conscient de l’importance des enjeux climatiques et de la part importante du bâtiment dans la production de GES, le législateur va multiplier les versions des RT au fil des années en exigeant des normes de plus en plus strictes sur des paramètres de plus en plus nombreux: déperditions énergétiques, ventilation, bilan carbone, cycle de vie des matériaux, choix de l’énergie.

    Les RT se succèdent: RT 2000, RT 2005, RT 2012… et deviennent des Règlementations Environnementales à partir de 2020: RE2020

    A titre d’anecdote, pour illustrer l’augmentation des exigences des différentes réglementations, quand la RT74 demandait une isolation minimum de l’ordre de 6cm, la RE2020 en impose 30 à 40.
    Et dire qu’avant 1974, il n’y avait rien !

  • Charte des habitologues

    Cette charte énonce les principes fondamentaux auxquels adhèrent les Habitologues. Elle garantit leur engagement envers chaque client et une haute qualité de service.

    1. Compétences : L’Habitologue est un généraliste de l’habitat. Il a été formé et confirmé dans ses compétences d’approche globale des bâtis anciens et récents par Soigner l’Habitat. Il s’engage à actualiser ses connaissances et à toujours les mettre à la disposition de son client pour l’aider à comprendre le fonctionnement de son habitat.
    2. Écoute active : Elle est à la base de la prestation de l’’Habitologue. Elle permet la compréhension des besoins et des objectifs afin de proposer des solutions adaptées. L’Habitologue encourage l’habitant à poser des questions, à exprimer ses préoccupations et à partager ses idées afin qu’ils puissent travailler ensemble pour atteindre ses objectifs.
    3. Confort : L’Habitologue aide l’habitant à identifier et à comprendre les paramètres qui influencent le confort et la salubrité dans l’habitat, et à agir sur tous les paramètres, au-delà de l’isolation et du chauffage.
    4. Durabilité  : L’Habitologue aide à comprendre et réduire l’impact environnemental de l’habitat. Ses conseils s’appuient sur la nécessité d’économiser les ressources naturelles au profit des générations futures.
    5. Pérennité : L’Habitologue présente des solutions qui améliorent l’habitat aujourd’hui et en même temps contribuent à sa préservation sur le long terme.
    6. Indépendance : L’Habitologue est entièrement indépendant(e) et ne représente aucune organisation commerciale. Il ne reçoit pas d’autre rémunération que celles de ses prestations d’Habitologue. Ses indications sont motivées principalement par les attentes des habitants et par les besoins spécifiques ou les contraintes de leur habitat. 
    7. Impartialité : L’Habitologue émet un conseil impartial. Son objectif est d’aider les habitants à améliorer le confort et l’efficacité énergétique. Il s’engage à placer les besoins et les intérêts des habitants au cœur de sa démarche.
    8. Objectivité : L’Habitologue s’engage à fournir des informations claires et transparentes sur les options présentées et leurs implications positives et négatives sur le confort, la performance globale, la santé, la pérennité et l’environnement.
    9. Partage de connaissance : L’Habitologue explique les principes de fonctionnement de l’habitat du client, ses points forts sur lesquels s’appuyer et ses faiblesses à corriger. Il donne les clés pour devenir autonome et prendre des décisions éclairées.
    10. Confidentialité : L’Habitologue s’engage à respecter la confidentialité de toutes les informations dont il prend connaissance.

    Seuls les professionnels dûment formés et confirmés par Soigner l’habitat, référencés sur le site Habitologue.com peuvent se prévaloir du titre d’Habitologue

  • Substitut à la climatisation?

    « De l’importance de l’occultation solaire, et de l’albédo » Ou « Comment gagner 30°C avec une simple bannette verticale ».

    Voici la mise en œuvre d’un test en conditions réelles. Il permet de quantifier les phénomènes de rayonnement et d’albédo, intuitifs, connus de tous et même évidents. Malheureusement, par paresse ou méconnaissance de l’utilisateur final, ces applications sont trop souvent sous-exploitées …
    A la plus grande satisfaction du vendeur de climatisation.
    Laissez-moi vous présenter les résultats, c’est très parlant!

    La maison du test possède de nombreuses fenêtres sur une façade, exposée plein EST.
    Le 12 Octobre 2023, il faisait très beau. Nébulosité très faible, donc grand soleil.
    Température extérieure 24°C. Nous sommes en Gironde.
    Les fenêtres 1, 2 et 3, toutes sur la même façade, sont numérotées sur la photo. Elles sont éclairées depuis le matin, soit depuis environ 4h au moment de la prise de mesure.
    Elles possèdent uniquement des volets intérieurs en bois massif derrière un double-vitrage.
    Les fenêtres ont une exposition strictement identique, en orientation et en temps d’exposition.

    J’ai mesuré au thermomètre laser les températures de surface (en °C) au niveau des huisseries et j’ai trois cas différents à vous présenter.

    La fenêtre 1, l’étalon

    Cette fenêtre de droite est la référence, l’étalon de départ.
    Volet intérieur couleur « vert d’eau », exposée aux rayonnements solaires depuis 4h. La température de la surface exposée monte à 52,4°C. Le volet en bois massif d’épaisseur 20mm permet de ralentir fortement la pénétration de la chaleur. Celui-ci présente une face intérieure 16,2°C plus froide!

    Fenêtre 2: de l’importance de la couleur

    Différence par rapport à la fenêtre étalon: Cette fenêtre équipée d’un volet intérieur de couleur BLANCHE, toujours sans bannette extérieure occultante. Exposée aux rayonnements solaires depuis 4h. La température de la face exposée est semblable à celle de la face intérieure du test 1.
    Rien qu’avec un changement de couleur, on gagne 16°C.

    Logiquement, sur la face intérieure de ces volets blancs, on ralentit plus efficacement les calories.

    Fenêtre 3: de l’importance de l’occultation

    Particularité: Fenêtre équipée d’un volet intérieur couleur vert d’eau et protégée par une bannette extérieure occultante. Visible sur la première photo. Exposée aux rayonnements solaires depuis 4h.
    Cette bannette est de couleur bois très clair.

    Je vois trois conclusions intéressantes à cette expérience. Elle met en évidence:

    • l’importance du rayonnement solaire. La température peut monter jusqu’à 50°C derrière le double vitrage alors que dehors, il ne fait « que » 24. Stoppez le rayonnement solaire le plus tôt lorsque vous ne voulez pas augmenter la température intérieure de votre habitat. En période de canicule, anticipez cette mise en œuvre. Qu’elle soit rapide et facile.
    • l’importance du choix des couleurs dans la diffusivité. Entre le blanc et le vert – qui n’est pourtant pas très foncé, on a 10°C de différence. Vous comprenez pourquoi les maisons en Grèce sont blanches!
    • qu’il y a des moyens passifs (donc « gratuits » à l’usage) très simples à mettre en œuvre pour maîtriser la température de nos habitats. Installez des bannettes à 70 balles plutôt que la clim. C’est ce qu’on nomme « conception bioclimatique ».
  • Pourquoi une double contrainte?

    On entend souvent parler de la double contrainte de la décarbonation. Pourquoi? Si vous n’êtes pas sensibilisé à ce sujet, laissez-moi vous éclairer.
    C’est parce que la réduction de notre consommation d’énergies fossiles revêt deux facettes principales: le changement climatique et la raréfaction progressive des ressources énergétiques.

    En réalité, il existe de nombreuses autres raisons qui sont, physiquement ou logiquement, dépendantes les unes aux autres. Vous pouvez les classer dans l’ordre que vous souhaitez en fonction de votre propre vision du sujet. Cependant, aucune ne doit être sous estimée:

    • Le changement climatique nous oblige à réduire nos émissions de gaz à effet de serre. La conséquence directe de notre surconsommation d’énergies fossiles est une augmentation de la température à la surface de la terre. Certaines zones géographiques vont devenir inhabitable parce que les températures y deviendront léthales, d’autres seront submergées par la montée des eaux. Des déplacements de population seront à prévoir. C’est le sujet des réfugiés climatiques et la stabilité politique du monde qui peut être touchée.
    • La raréfaction progressive des ressources énergétiques en pétrole et en gaz naturel va compliquer les approvisionnements et chahuter les prix et les stocks. Il deviendra alors difficile de planifier tout processus dépendant des énergies fossiles. Or les énergies fossiles se sont invités partout depuis 100 ans: production, transformation, transport… Un comble: les processus de production des énergies renouvelables ne font pas exception à la règle.
    • La France n’est pas souveraine en terme de politique énergétique et s’approvisionne en grande partie en Russie. Le conflit Ukraine-Russie déclenché en Février 2022 est une démonstration que les intérêts de la Russie et les décisions qui en découlent peuvent réserver des surprises.
    • La mondialisation s’est développée grâce à une énergie bon marché, abondante et pilotable: le pétrole, et son cousin, le gaz. Si son prix augmente, c’est la mondialisation qui est bousculée, le système global qui se contracte. Avec un tarif du kWh multiplié par 10, il est peu probable que vous consommiez des tomates en février, ou que vous preniez l’avion pour un week-end à 1000km de chez vous!